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La différence entre agressivité et violence dans la relation mère-bébé

Les relations mère-bébé sont un cas de figure idéal pour articuler la différence entre agressivité et violemce

*agressivité: ex. une mère qui dit à son enfant: “va te fair voir ailleurs!”, “disparais (hors de ma vue)!”. Puisque ce qu’elle dit correspond à une vérité inconsciente, le fait qu’elle le dise permet une baisse de tension chez elle. Non seulement ça, mais le bébé aura de toute façon senti cette composante de l’état de sa mère, qu’elle le dise ou non: puisqu’elle l’articule, il sera maintenant peut-être un peu blessé ou un peu fâché de ce que dit sa mère, mais lui aussi aura reçu une forme (motrice, articulatoire) précise qui lui permettra d’une façon ou d’une autre un exécutoire, une baisse de tension. 

*violence: ex. une mère qui n’en pense pas moins mais ne le dit pas et au contraire, puisqu’elle s’en culpabilise va surcompenser du côté du déni et de la transformation en son contraire: “je suis la meilleure des mères”, “je procure le meilleur soin”, “j’ai toujours fait pour le meilleur” etc. Ici il y a  accumulation de la tension (y compris corporelle) chez elle puisqu’elle ne donne aucune forme d’exécution à son sentiment agressif, mais aussi chez le bébé puisque celui sentira l’agressivité de la mère mais ne pourra lui donner aucune forme, aucune représentation – et donc aucune source non plus, et sera donc livré à lui même et s’en culpabilisira, il prendra sur lui, accroissant sa tension corporelle – ce qui est violence (définie comme une accumulation de tension sans exécutoire et qui donc va finir par s’attaquer aux structures – psychiques, physiologiques). 

Notons que pour moi – en ce moment de ma pensée – le premier cas de figure correspond au principe de plaisir, qui est selon Freud au service de la pulsion de mort (baisse maximale des tensions) alors que le deuxième cas de figure pou rmoi est l’au-delà du principe de plaisir, l’accumulation de tension corporelle correspondant pour moi avec la jouissance, le trop de vie, le a, la pulsion de vie. C’est un trop de vie car c’est un pas plus éloigné de la mort que le premier cas de figure.  Ce qu’un organisme veut, selon Freud, c’est de mourir en paix, selon sa propre idée: dans le deuxième cas de figure il reste plus à résoudre pour pouvoir mourir en paix que dans le premier, voilà pourquoi c’est de la pulsion de vie: le détour vers la mort est plus grand. Mais il ne faut pas être d’accord avec cette note pour trouver du sens à la distinction proposée.