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Dr. Sandrine DETANDT

Sandrine Detandt, Asp. FNRS-FRESH (mandat 2012)

Titre : De la « jouissance » au « wanting » dans une population de fumeurs : étude empirique sur les tenants des assuétudes à l’interface des approches clinique et expérimentales

Résumé : Je conduis mes recherches dans le domaine de la “neuro-psychanalyse”. L’objectif de mon travail étant d’articuler les concepts Freudo-Lacanien de plaisir et jouissance avec ceux de la neurophysiologie de la dopamine (circuits de la récompense) et ce sur des populations cliniques (addiction à la nicotine) et non-cliniques, tant à un niveau empirique que théorique.

Jury de thèse

  • Professeur Philippe Fouchet (Université Libre de Bruxelles,Président du jury)
  • Professeur Ariane Bazan (Université Libre de Bruxelles, Promotrice)
  • Professeur Darius Razavi (Université Libre de Bruxelles, Secrétaire)
  • Docteur Hendrik Kajosch (Université Libre de Bruxelles)
  • Professeur Gertrudis Van de Vijver (Universiteit Gent, Membre extérieur du Jury)
  • Professeur Etienne Quertemont (Université de Liège, Membre extérieur du Jury)

Défense publique : Jeudi 15.12.2016 à 15h

 

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LAUDATIO

Chère Sandrine,

De la jouissance au wanting….

peut être est-ce un défi pour cet homme déraisonnable, pour tout humain donc, c’est-à-dire, précisément ceci : se risquer de cette jouissance du tout à ce one thing, cette chose, ce morceau de Réel apprivoisé, manipulé, saisi, que n’est plus que ce seul one thing, ce fragment, mais qui n’est quand même pas rien.

Le paradoxe de ce ‘pas rien’ du one thing est qu’il n’a pu apparaître, me semble-t-il, qu’elle n’a pu apparaître, cette thèse, singulière, extraordinaire, surdimensionnée, que sous la figure de l’excès : c’est la figure qui nous caractérise, je pense, tant toi que moi, elle caractérise notre rencontre et notre collaboration, et elle caractérise ce produit final, ce one thing, qui est ta thèse.

L’excès qui fut la démesure de notre entreprise, de ton entreprise c’était d’abord de prendre de Lacan, un des concepts les plus cryptiques, la jouissance, et de l’opérationnaliser: oui, proposer un outil de mesure de l’excès, de la jouissance, en d’autres termes proposer une mesure de la démesure ! Il fallait avoir une ambition démesurée pour s’y risquer ! Mais comme ni toi ni moi n’étions gênées par l’excès, on pourrait même dire, comme ni toi ni moi n’étions même perturbées, voire étonnées par l’excès, on s’y est risquées, d’un élan qui allait de soi. Tu ne t’es pas dit que tu y arriverais, mais tu ne t’es jamais dit que tu n’y irais pas. L’idée d’y arriver était secondaire à l’idée d’y aller.

Elle est donc extraordinaire, cette thèse, car elle a débuté dans la démesure de l’ambition – mais ce qui est de plus extraordinaire encore, c’est qu’elle a aboutit à la mesure de cette ambition! Malgré l’omniprésence de l’excès, elle ne s’est jamais embourbée dans la jouissance – piège structurel, logique, courant pour toute entreprise humaine – mais, du contraire, elle a abouti avec une efficacité assez fulgurante à ce one thing, à cet objet thèse. C’est quand même assez extraordinaire que pour s’y arrêter un moment. Elle a abouti à un travail théorique considérable, tant sur la jouissance que sur le trauma, que sur les systèmes dopaminergiques, elle a abouti à au moins six papiers dans des revues scientifiques internationales, dont déjà trois en premier auteur dans des revues neuro. Et soit accident de parcours, soit résultat de ton savoir-faire, elle a abouti, en fin de parcours, à un pari de l’excès qui semble néanmoins réussi : cette mesure de la jouissance, cet outil d’inspiration psychanalytique, donne des résultats cohérents par rapport aux mesures physiologiques. Une facette de la jouissance peut être mesurée dans le discours de façon cohérente avec la réactivité du corps !

J’en suis venue à me demander ceci : pour celui ou celle qui fait avec l’excès, ou mieux, même, qui ne sait faire que par l’excès, la vie n’est elle pas enfin de compte, aussi cette corde raide entre désespoir et exploit? Si exploit il y a, comme j’ai tendance à le penser, ça ne veut pas dire que tu, que nous, soyons exemptes de désespoir. Mais, disons, qu’une dose de désespoir s’avère peut-être la tasse qu’il faut bien boire pour survivre à l’excès. C’est faire avec une dose de désespoir, soit se noyer. Tu ne t’es pas noyée, te voilà plutôt de côté de l’exploit. Car contre le désespoir, bien sûr, aucun remède structurel, sauf peut-être cette peau de chagrin, qu’est l’amour, ce qui fait que nous nous tenons, et que nous tenons.

Alors pour citer un de mes philosophes préférés – après Aristote bien sûr – j’ai nommé, Jean-Jacques Goldman, sache que je.

Ariane

Bruxelles, 15.12.2016

Sandrine Detandt: Ma thèse en 180 secondes

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