{"id":688,"date":"2013-07-06T15:40:50","date_gmt":"2013-07-06T15:40:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.arianebazan.be\/?page_id=688"},"modified":"2024-06-16T16:19:02","modified_gmt":"2024-06-16T16:19:02","slug":"francais","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.arianebazan.be\/?page_id=688","title":{"rendered":"Fran\u00e7ais"},"content":{"rendered":"<p><span lang=\"FR-CA\" style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: 'Trebuchet MS'; color: gray; letter-spacing: 2.0pt; mso-ansi-language: FR-CA;\">DES FANT\u00d4MES DANS LA VOIX<\/span><\/p>\n<ul>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/www.lalibre.be\/debats\/opinions\/2024\/06\/11\/lia-se-situe-aux-antipodes-de-lanalyse-de-lesprit-YAOILBDDORFV7J2DLVQ4XEGCEQ\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">11.06.2024, cit\u00e9e par Philippe Cattiez, neuropsychiatre dans La Libre Belgique : \u201eL\u2019IA se situe aux antipodes de l\u2019analyse de l\u2019esprit \u00bb.<\/a><br \/>\n<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8220;Le mat\u00e9riel linguistique n\u2019est pas trait\u00e9 de mani\u00e8re s\u00e9mantique, mais trait\u00e9 comme un objet, dans sa forme phon\u00e9mique ind\u00e9pendante de la s\u00e9mantique. Les phon\u00e8mes acqui\u00e8rent pour chaque individu une activation \u00e9motionnelle particuli\u00e8re. Les trajectoires sous-corticales affectives, avec traitement d\u2019information rapide, se d\u00e9sambigu\u00efsent (A. Bazan) au niveau n\u00e9ocortical en fonction des contextes, et des histoires singuli\u00e8res de l\u2019individu.&#8221;<\/p>\n<p><span lang=\"FR-CA\" style=\"font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: 'Trebuchet MS'; color: gray; letter-spacing: 2.0pt; mso-ansi-language: FR-CA;\">Les comptes rendus en Fran\u00e7ais<br \/>\n<\/span><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/des-fantomes-dans-la-voix\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>2013, critique par Emmanuel Schwab dans Bloc-Notes de CarnetPsy<\/strong><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans cet ouvrage bref et dense, Ariane Bazan fait s\u2019entrecroiser les premiers \u00e9crits de Freud -\u00e9crits dont on d\u00e9couvre combien ils sont m\u00e9connus-, les d\u00e9couvertes r\u00e9centes de la neuropsychologie et sa propre clinique de psychanalyste. Elle d\u00e9marre son enqu\u00eate en reprenant plusieurs analyses s\u00e9mantico-cliniques de Freud. Dans l\u2019une d\u2019elle, ce dernier associe l\u2019angoisse qu\u2019un patient \u00e9prouvait \u00e0 la vue d\u2019un col\u00e9opt\u00e8re (<em>K\u00e4fer<\/em>) \u00e0 la question \u00ab que faire ? \u00bb. Dans ce cas, ce n\u2019est pas le sens mais bien le son du mot qui permet de retrouver le mat\u00e9riel anxiog\u00e8ne refoul\u00e9. Pour comprendre com-ment se d\u00e9ploient ces formes archa\u00efques de signifiant linguistique, Bazan s\u2019appuie en particulier sur l\u2019ancien essai de Freud sur l\u2019aphasie. Freud y articule repr\u00e9sentations de chose -si on prend l\u2019exemple d\u2019une banane : sa couleur, sa forme, sa texture, son go\u00fbt- et repr\u00e9-sentations de mot, les sons (<em>banan)<\/em>\u00a0et le mouvement articu-latoire n\u00e9cessaire \u00e0 produire ces sons.<\/p>\n<p>Le langage humain poss\u00e8de aussi des qualit\u00e9s plus \u00e9labor\u00e9es qui peuvent \u00eatre illustr\u00e9es par ce qui se passe en cas d\u2019aphasie anomique : les patients qui souffrent de cette atteinte peuvent mentionner les caract\u00e9ristiques d\u2019un objet, mais ne sont plus capables de le nommer. Cette incapacit\u00e9 peut toucher des groupes d\u2019objets (par exemple tous les noms de fruits), ce qui montre a contrario que le psychisme humain est capable d\u2019op\u00e9rer des regroupements en cat\u00e9gories lexicales. Ces cat\u00e9go-ries permettent de labelliser les mots et leur donnent ainsi une inscription dans plusieurs champs lexicaux : une banane sera rep\u00e9r\u00e9e comme un objet naturel, un fruit de dessert, un substantif, etc. L\u2019association des signifiants entre eux permet de cr\u00e9er des con-nections cat\u00e9gorielles qui conf\u00e8rent un nouveau sens au mot : les sons (banan) signifieront autre chose si le contexte s\u00e9mantique est celui d\u2019un repas ou celui du rock &amp; roll et de la coiffure. Bazan montre ainsi que les travaux neuro-scientifiques (Damasio, Caramazza, Deacon) retrouvent ici l\u2019intuition lacanienne selon laquelle c\u2019est la position du signifiant dans la cha\u00eene des signifiants qui lui impose son sens. Cette signi-fication lexicale transcende et r\u00e9organise celle qui avait \u00e9t\u00e9 construite sur la seule base des associations sensorielles.<\/p>\n<p>Si le langage a donc des dimensions phonologique et lexicale, il a \u00e9galement pour Bazan un aspect moteur. On sait que Rizzolatti a d\u00e9couvert l\u2019existence de \u00ab neurones-miroirs \u00bb, neurones qui d\u00e9chargent aussi bien quand l\u2019individu fait un mouvement que lorsqu\u2019il voit ce m\u00eame mouvement r\u00e9alis\u00e9 par un pair. Comme c\u2019est en particulier dans l\u2019aire de Broca que ces neurones\u00a0 sont actifs, Rizzolatti a fait l\u2019hypoth\u00e8se que le langage humain se serait d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir de la capacit\u00e9 \u00e0 imiter les gestes des partenaires, en particulier les mouvements de la bouche.<\/p>\n<p>Il y a plus de cent ans, Freud avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9 cette hypoth\u00e8se des neurones-miroir, en donnant un r\u00f4le central \u00e0 l\u2019imitation motrice, ce que Bazan r\u00e9sume ainsi : \u00ab un stimulus externe ne peut avoir de sens qu\u2019\u00e0 condition qu\u2019il puisse \u00eatre mis en correspondance avec un mou-vement prenant naissance dans son propre corps. \u00bb La formation de repr\u00e9sentations motrices (Bewegungsbild) est donc centrale dans la conception freudienne du d\u00e9veloppement du langage, puisque c\u2019est de la mise en relation des sons entendus et des actions productrices de ces m\u00eames sons que na\u00eet pour lui le premier organisateur linguistique.<br \/>\nCette id\u00e9e d\u00e9borde la seule question du d\u00e9veloppement du langage. Les neuro-scientifiques ont d\u00e9velopp\u00e9 dans ce sens le mod\u00e8le des \u00ab copies d\u2019eff\u00e9rence. \u00bb Ces derni\u00e8res sont produites parall\u00e8lement \u00e0 une commande motrice et pr\u00e9disent la nature du mouvement. Ces copies d\u2019eff\u00e9-rence permettent donc de comparer le mouvement r\u00e9el avec le mouvement pr\u00e9dit, et de le corriger si n\u00e9cessaire. Etant pr\u00e9dit, le retour proprioceptif est att\u00e9nu\u00e9, ce dont une exp\u00e9rience courante est la preuve : l\u2019impossibilit\u00e9 de se chatouiller soi-m\u00eame montre en effet que la sensation \u00e9prouv\u00e9e est dans ce cas pr\u00e9visible ; la peau sait qu\u2019elle va \u00eatre touch\u00e9e par la main, \u00e0 tel endroit et avec telle force. On comprend que la mise en \u00e9vidence de ces copies d\u2019eff\u00e9rence permet de r\u00e9soudre de fa\u00e7on originale un ancien probl\u00e8me : celui de la capacit\u00e9 \u00e0 distinguer les stimuli internes et externes.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019une sensation peut \u00eatre reli\u00e9e \u00e0 une annonce motrice, elle sera \u00e9prouv\u00e9e comme moins intense et donc pourra \u00eatre identifi\u00e9e comme le fruit d\u2019un mouvement propre. Bazan estime que cette id\u00e9e impose un renversement \u00e9pist\u00e9mologique : \u00ab la repr\u00e9sentation ne doit pas se concevoir en amont du mouvement, mais comme le r\u00e9sultat en aval de l\u2019activation motrice. \u00bb<\/p>\n<p>Cette conception permet de donner une nouvelle interpr\u00e9-tation au fameux ph\u00e9nom\u00e8ne du \u00ab membre fant\u00f4me \u00bb \u2013 membre amput\u00e9 qui procure n\u00e9anmoins de fortes sensations, souvent douloureuses. La th\u00e9orie tradi-tionnelle y voyait la trace de sensations r\u00e9siduelles au niveau du moignon. L\u2019id\u00e9e des copies d\u2019eff\u00e9rence permet de comprendre de fa\u00e7on bien plus satisfaisante que la commande motrice c\u00e9r\u00e9brale du membre est toujours intacte, mais qu\u2019il manque le retour proprioceptif sensoriel, ce qui met le syst\u00e8me comparatif en souffrance.<br \/>\nDe fa\u00e7on suggestive, Ariane Bazan transpose cette conception dans le domaine linguistique, pour montrer que le refoulement de s\u00e9quences phon\u00e9miques peut \u00eatre compris comme le refoulement de s\u00e9quences articulatoires et motrices. Ces derni\u00e8res continuent \u00e0 faire pression en mobilisant des copies d\u2019eff\u00e9rence productrices de signifiants \u00ab fant\u00f4mes. \u00bb Coup\u00e9s de leur r\u00e9seau s\u00e9mantique, ces signifiants interf\u00e8rent avec la production langagi\u00e8re en tentant d\u2019y faire retour.<\/p>\n<p>J. Strachey avait soulign\u00e9 que la fameuse<em>\u00a0Esquisse d\u2019une psychologie scientifique<\/em>\u00a0de Freud contenait \u00ab le noyau d\u2019une grande partie de ses th\u00e9ories ult\u00e9rieures. \u00bb Ne parvenant pas \u00e0 faire aboutir cette r\u00e9flexion, Freud avait cependant renonc\u00e9 \u00e0 la publier. C\u2019est donc le mod\u00e8le d\u00e9velopp\u00e9 peu apr\u00e8s, bas\u00e9 sur le fonctionnement du r\u00eave, qu\u2019il a propos\u00e9 comme compr\u00e9hension d\u2019ensemble du psychisme. Or, ce mod\u00e8le -m\u00eame s\u2019il reprend une bonne partie des intuitions de l\u2019Esquisse- est bas\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e d\u2019une suspension du syst\u00e8me moteur et n\u2019int\u00e8gre donc que tr\u00e8s partiellement la dimension si fructueuse des images motrices d\u00e9velopp\u00e9e dans l\u2019Esquisse et l\u2019essai sur l\u2019aphasie. C\u2019est cette perte que le livre de Bazan vient r\u00e9parer en montrant de fa\u00e7on convaincante et cr\u00e9ative comment ces images motrices op\u00e8rent dans l\u2019ensemble du fonctionnement psychique.<\/p>\n<p>Comme plusieurs \u00ab neuro-psychanalystes \u00bb, elle para\u00eet trop loyale \u00e0\u00a0<em>l\u2019Esquisse\u00a0<\/em>sur un point, qui consiste \u00e0 lier le moi \u00e0 la conscience et aux processus inhibiteurs produits par le cortex frontal. Freud a montr\u00e9 que les processus de r\u00e9gulation du moi op\u00e8rent en bonne part de fa\u00e7on inconsciente, jusque dans le r\u00eave dans lequel le rel\u00e2chement de la censure inhibitrice permet \u00e0 des processus de liaison r\u00e9flexive de se mettre en place. Par analogie, dans la mesure o\u00f9 les processus archa\u00efques inconscients -phono-logiques et moteurs- d\u00e9crits par Bazan peuvent avoir une fonction r\u00e9gulatrice, on peut se demander dans quelle mesure elle ne devrait pas les attribuer \u00e0 l\u2019action du moi lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>A la lecture de cet ouvrage, on a le sentiment qu\u2019Ariane Bazan a d\u00e9couvert un filon que, selon la formule d\u2019Ellenberger, une vie suffira \u00e0 peine \u00e0 explorer. Elle d\u00e9montre que la rigueur de pens\u00e9e n\u2019implique pas de c\u00e9der \u00e0 la sp\u00e9cialisation diss\u00e9quante et que, loin d\u2019affadir la r\u00e9flexion, la volont\u00e9 psychanalytique de comprendre comment le sujet construit son int\u00e9gration peut constituer un aiguillon de la pens\u00e9e.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>2007,\u00a0 cit\u00e9 par Pierre-Henri Castel<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"hide-if-no-js\"><a id=\"set-post-thumbnail\" class=\"thickbox\" title=\"Set featured image\" href=\"http:\/\/www.arianebazan.be\/wp-admin\/media-upload.php?post_id=688&amp;type=image&amp;TB_iframe=1\"><img loading=\"lazy\" class=\"attachment-post-thumbnail alignnone\" src=\"http:\/\/www.arianebazan.be\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Pierre-Henri-Castel-2007-624x309.png\" alt=\"Pierre-Henri Castel 2007\" width=\"924\" height=\"457\" \/><\/a><\/p>\n<ul>\n<li><strong>2009, <a href=\"http:\/\/www.critiqueslibres.com\/i.php\/vcrit\/20207\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">critiqu\u00e9 par <span class=\"texteLien\"><span class=\"texteLien\">Dirlandaise<\/span><\/span>, le 25 juin 2009<\/a> <span class=\"subTitleSmall\">(Qu\u00e9bec)<\/span><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>La note: <img src=\"http:\/\/www.critiqueslibres.com\/img\/critlib\/starslittle_9.gif\" alt=\"9 etoiles\" name=\"9 etoiles\" align=\"ABSMIDDLE\" \/><\/p>\n<p class=\"critprinc\">\u00a0<b>Quand nos fant\u00f4mes se manifestent&#8230;<\/b><\/p>\n<p>Livre d\u2019une complexit\u00e9 certaine mais combien enrichissant et passionnant. Ariane Bazan est psychanalyste et d\u00e9tient un doctorat en biologie. Elle traite dans cet ouvrage de la fa\u00e7on dont l\u2019inconscient se manifeste au niveau du langage que ce soit dans les lapsus et ce genre de sympt\u00f4mes. Attention, ce n\u2019est pas un ouvrage de vulgarisation. Il faut avoir lu sur la psychanalyse avant afin de bien assimiler tout le contenu du propos. Mais quelle lecture fascinante ! J\u2019y ai appris plein de choses sur la structure de l\u2019inconscient et sur la fa\u00e7on dont notre cerveau d\u00e9code, analyse et traite les diff\u00e9rents stimuli visuels et surtout linguistiques.<\/p>\n<p>Le cerveau est un outil d\u2019une merveilleuse complexit\u00e9. L\u2019\u00eatre humain b\u00e9n\u00e9ficie du cortex pr\u00e9frontal contrairement aux animaux qui ne le poss\u00e8dent pas. Par le fait, l\u2019humain peut d\u00e9coder un langage beaucoup plus \u00e9volu\u00e9, rempli de symboles, de m\u00e9taphores et a une capacit\u00e9 de d\u00e9sambigu\u00efsation de la cha\u00eene linguistique qui frappe ses oreilles tout \u00e0 fait \u00e9tonnante. Ce sont des activit\u00e9s que nous accomplissons tous les jours et dont nous ne sommes pas conscients mais en prendre conscience en lisant ce livre donne une image tout \u00e0 fait nouvelle et fascinante du langage et de la fa\u00e7on dont l\u2019humain arrive \u00e0 le comprendre et l\u2019interpr\u00e9ter d\u2019une fa\u00e7on satisfaisante.<\/p>\n<p>L\u2019auteure commence par expliquer la diff\u00e9rence entre l\u2019affect et le signifiant. Elle poursuit en d\u00e9crivant les diff\u00e9rents mat\u00e9riaux de l\u2019appareil psychique et l\u00e0 intervient sa formation de biologiste. Suit un chapitre sur la structure symbolique du langage et un autre sur la dynamique de la d\u00e9sambigu\u00efsation. Elle explique ensuite ce que sont les processus primaire et secondaire dans le traitement du langage. En gros, le processus primaire identifie l\u2019objet et le processus secondaire situe l\u2019objet dans son contexte spatial. Le processus primaire est aussi fortement inhib\u00e9 par le processus secondaire ou \u00ab moi Freudien \u00bb. Enfin, le but de tout ce beau discours est de tenter d\u2019expliquer pourquoi, dans le langage courant, nous \u00e9mettons des sons ou des mots tout \u00e0 fait \u00e9trangers \u00e0 notre discours habituel. Ce sont les fant\u00f4mes dont traite cet ouvrage, ces manifestations subites de l\u2019inconscient qui nous laissent entrevoir une partie de nous-m\u00eame et de notre pass\u00e9 enfouis au plus profond de notre structure mentale. Ces manifestations \u00e9chappent donc \u00e0 l\u2019inhibition dont elles sont habituellement l\u2019objet et remontent \u00e0 la surface pour se manifester en diff\u00e9rents sympt\u00f4mes. Mais avant que cela s\u2019accomplisse, un processus extr\u00eamement complexe s\u2019est mis en branle et c\u2019est ce qu\u2019Ariane Bazan explique en d\u00e9tail dans ce livre qui int\u00e9ressa certainement tous ceux qui se passionnent le moindrement pour la psychanalyse et la linguistique. En fait, comme l\u2019\u00e9crit Bazan, le livre est \u00e0 situer dans le domaine de la neuropsychanalyse, une science relativement nouvelle.<\/p>\n<p>Quoique fascinante, c\u2019est une lecture ardue, difficile et j\u2019ai d\u00fb souvent relire des chapitres entiers car je n\u2019avais pas bien saisi tout le propos. Ce n\u2019est pas un livre qui se lit mais qui s\u2019\u00e9tudie plut\u00f4t. Mais l\u2019effort en vaut la peine car j\u2019y ai fait d\u2019\u00e9tonnantes d\u00e9couvertes.<\/p>\n<p>\u00ab Nous portons dans nos voix des fant\u00f4mes que nous transportons, le plus souvent \u00e0 notre insu, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration et qui nous parlent de notre histoire, de notre descendance et de notre identit\u00e9. La plupart du temps ces fant\u00f4mes agissent sous couvert. Ils refont surface dans nos r\u00eaves, nos lapsus, nos anxi\u00e9t\u00e9s et dans nos sympt\u00f4mes. \u00bb<\/p>\n<ul>\n<li><strong>f\u00e9vrier 2009, d\u00e9battu au Th\u00e9\u00e2tre Po\u00e8me, voir Le Mensuel litt\u00e9raire et po\u00e9tique n\u00b0363<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>La psychanalyse et ses m\u00e9thodes cliniques ont fr\u00e9quemment eu, en particulier pour les sciences positives, une dimension mystique, voire mystificatrice. En particulier les jeux de mots auxquels s\u2019adonnent facilement les cliniciens lacaniens semblent tenir de l\u2019absurde. Freud, ayant fait \u00e9tat d\u2019un cas clinique dans une lettre \u00e0 son ami Fliess, ne fut-il pas le premier \u00e0 s\u2019\u00e9crier \u00ab C\u2019est fou ! \u00bb quand il d\u00e9couvrit que la phobie de son patient se rapportait au nom et non \u00e0 la chose de l\u2019objet phobique.<br \/>\nDans son livre Des fant\u00f4mes dans la voix, Ariane Bazan, docteur en biologie, psychanalyste et professeur de psychologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Libre de Bruxelles, pose que l\u2019organisation du psychisme par le signifiant suit un raisonnement rationnel d\u00e9coulant logiquement de l\u2019organisation du cerveau.<br \/>\nPropose-t-elle pour autant une \u00ab neuro-psychanalyse \u00bb au secours d\u2019une psychanalyse en manque de cr\u00e9dit scientifique ?<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" class=\"attachment-post-thumbnail aligncenter\" src=\"http:\/\/www.arianebazan.be\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Th\u00e9\u00e2tre-Po\u00e8me.png\" alt=\"Th\u00e9\u00e2tre Po\u00e8me\" width=\"346\" height=\"402\" \/><\/p>\n<p>Partant du constat que nous portons dans nos voix des fant\u00f4mes que nous transportons, le plus souvent \u00e0 notre insu, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration et qui nous parlent de notre histoire, de notre descendance et de notre identit\u00e9, Ariane Bazan cherche les chemins que se fraient ces fant\u00f4mes, qui, la plupart du temps, agissent sous couvert et refont surface dans nos r\u00eaves, nos lapsus, nos anxi\u00e9t\u00e9s et dans nos sympt\u00f4mes. La psychopathologie, c\u2019est la pathologie du fant\u00f4me, du signifiant indicible mais n\u00e9anmoins transmis. Tel un bras fant\u00f4me ou une jambe fant\u00f4me, ce signifiant bien qu\u2019absent est investi. Il est investi d\u2019une pulsion ou d\u2019une intention mais, pareil au membre fant\u00f4me, son action v\u00e9ritable, c\u2019est-\u00e0-dire son articulation, est bloqu\u00e9e. Or, ce qui n\u2019est pas possible pour un bras ou une jambe, le devient pour une s\u00e9quence phonologique : on peut refaire le m\u00eame mouvement exactement \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire refaire point par point une m\u00eame articulation \u2013 tout en changeant radicalement la signification de cette articulation. C\u2019est la structure intrins\u00e8quement ambigu\u00eb du langage qui permet la survie et donc la transmission du fant\u00f4me phon\u00e9mique, alors que les fant\u00f4mes des membres finissent par s\u2019\u00e9teindre. C\u2019est elle qui donne lieu \u00e0 l\u2019inconscient et \u00e0 son action par-del\u00e0 l\u2019entendement conscient qu\u2019on peut en avoir. Ce sont ces propositions-l\u00e0 sur la structure linguistique de l\u2019inconscient qui font l\u2019objet de l\u2019essai d\u2019Ariane Bazan et de la table ronde de ce soir.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>14.11.2010, comment\u00e9 sur FaceBook par Olivier Douville<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"attachment-post-thumbnail aligncenter alignnone\" style=\"font-size: 1rem; line-height: 1;\" src=\"http:\/\/www.arianebazan.be\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Olivier-Douville-\u00e0-propos-de-Des-fant\u00f4mes2.png\" alt=\"Olivier Douville \u00e0 propos de Des fant\u00f4mes2\" width=\"585\" height=\"127\" \/><\/p>\n<ul>\n<li><strong>2011, critiqu\u00e9 par Gertrudis Van de Vijver dans la revue <em>Intellectica<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p><a id=\"set-post-thumbnail\" class=\"thickbox\" title=\"Set featured image\" href=\"http:\/\/www.arianebazan.be\/wp-admin\/media-upload.php?post_id=688&amp;type=image&amp;TB_iframe=1\"><img loading=\"lazy\" class=\"attachment-post-thumbnail\" src=\"http:\/\/www.arianebazan.be\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/intellectica-2011-1-624x442.jpg\" alt=\"intellectica 2011 1\" width=\"734\" height=\"518\" \/><\/a><\/p>\n<ul>\n<li><!-- [if gte mso 9]><xml>\n<w:LatentStyles DefLockedState=\"false\" LatentStyleCount=\"156\">\n<\/w:LatentStyles>\n<\/xml><![endif]--><!-- [if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:10.0pt;\n\tfont-family:\"Times New Roman\";\n\tmso-ansi-language:#0400;\n\tmso-fareast-language:#0400;\n\tmso-bidi-language:#0400;}\n<\/style>\n\n\n\n<![endif]--><strong><span dir=\"LTR\"><span style=\"font-size: 12pt;\">29.05.2012, <\/span><\/span><\/strong><span dir=\"LTR\"><span style=\"font-size: 12.0pt;\"><strong>Radio Campus, ULB,\u00a0 \u00ab\u00a0Histoire de savoir\/Sciences exactes<\/strong>\u00a0: sciences sans conscience n\u2019est que ruine de l\u2019\u00e2me, oui mais conscience sans science n\u2019est que vilain gros mot\u00bb, entrevue radiophonique avec Alexandre Wajnberg \u00ab\u00a0Des fant\u00f4mes dans la voix\u00a0\u00bb).<\/span><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\">\u2022 DES FANT\u00d4MES DANS LA VOIX\u00a0 avec: Ariane BAZAN, Dr en biologie, en psychologie et psychanalyste.<br \/>\n\u2022 diffusions: mardi 29 mai de 18h15 \u00e0 19h &amp; mercredi 30 mai de 09h \u00e0 09h45.<br \/>\nLe sens et la jouissance, ces deux notions tr\u00e8s psychanalytiques, Ariane BAZAN les explore \u00e0 l\u2019intersection des sciences psychologiques et des neuro-sciences. Il s\u2019agit de trouver une \u00ab mat\u00e9rialit\u00e9 \u00bb \u00e0 des concepts constitutifs de certains mod\u00e8les freudiens et lacaniens du psychisme humain. Autrement dit, de donner un ancrage scientifique \u00ab dur \u00bb \u2014avec des \u00ab objets \u00bb observables et des ph\u00e9nom\u00e8nes mesurables et reproductibles \u2014 aux concepts psychanalytiques classiques (de plus en plus critiqu\u00e9s voire d\u00e9nigr\u00e9s de nos jours). D\u2019abord le sens. Les mots ne portent pas que du sens. Ils charrient des images, des occurrences, des liens contextuels porteurs d\u2019autres sens cach\u00e9s o\u00f9 peuvent se r\u00e9v\u00e9ler des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019Inconscient. Ils portent aussi, et c\u2019est l\u2019originalit\u00e9 des recherches de notre invit\u00e9e, une physicalit\u00e9 : les actions musculaires n\u00e9cessaires \u00e0 leur vocalisation, la mobilisation d\u2019articulations du corps (m\u00e2choires etc), et tout ce qui concourt \u00e0 l\u2019\u00e9mission du son vocalique et \u00e0 sa perception. Nous sommes ici exactement \u00e0 la fronti\u00e8re \u00ab de l\u2019\u00e2me et du corps \u00bb, du psy et du bio. Fronti\u00e8re qui pourra \u00eatre explor\u00e9e et travers\u00e9e gr\u00e2ce aux outils des neuro-sciences et des sciences cognitives. Ensuite la jouissance (au sens psychanalytique). Les cris et pleurs du b\u00e9b\u00e9 qui a soif ont trois effets : ils ram\u00e8nent l\u2019\u00e9quilibre physiologique, une paix int\u00e9rieure ; ils mobilisent l\u2019attention \u00ab constituante \u00bb de la m\u00e8re; et ils donnent, apr\u00e8s-coup, une effectivit\u00e9, un \u00ab sens \u00bb, \u00e0 ses cris. Ainsi, le b\u00e9b\u00e9 apprend et donne un sens \u2014il associe une efficacit\u00e9 \u2014 \u00e0 ses actions (qui \u00e9taient au d\u00e9part non dirig\u00e9es vers un but) *lorsqu\u2019elles sont ad\u00e9quates \u00e0 la situation* c\u2019est-\u00e0-dire en accord avec la relation qui s\u2019\u00e9tablit avec sa m\u00e8re (dont il d\u00e9pend enti\u00e8rement pour sa survie). Il en va de m\u00eame lorsque la relation est fauss\u00e9e (chaque m\u00e8re a ses idiosyncrasies), ce qui fonde les probl\u00e9matiques ult\u00e9rieures. Plus tard, devenu grand, il peut rester attach\u00e9 \u00e0 de telles actions\/attitudes en raison du plaisir qui leur \u00e9tait associ\u00e9 dans la\u00a0 prime enfance, m\u00eame si pr\u00e9sentement elles ne sont plus ad\u00e9quates \u00e0 sa situation. C\u2019est ainsi qu\u2019on voit se maintenir et se poursuivre des comportements manifestement inadapt\u00e9s, causant une souffrance existentielle (puisqu\u2019ils sont inadapt\u00e9s), mais poursuivis puisque s\u2019y attache un plaisir ancien, enfoui\u2026 C\u2019est cela la \u00abjouissance \u00bb (au sens psy), un plaisir attach\u00e9 \u00e0 des comportements pas toujours ad\u00e9quats. La personne pourra s\u2019en lib\u00e9rer lors de la psychanalyse ou par d\u2019autres chemins d\u2019\u00e9volution personnelle. La jouissance sexuelle, dans l\u2019intimit\u00e9 o\u00f9 tout est possible, dans ce lieu de toutes les transgressions permises, actualise cet attachement \u00e0 un plaisir ancien, mais sans risques, ce qui permet \u00e0 la personne de se lib\u00e9rer et de se \u00ab d\u00e9tendre \u00bb en son pr\u00e9sent\u2026<\/p>\n<ul>\n<li><!-- [if gte mso 9]><xml>\n<w:LatentStyles DefLockedState=\"false\" LatentStyleCount=\"156\">\n<\/w:LatentStyles>\n<\/xml><![endif]--><!-- [if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:Standaardtabel;\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:10.0pt;\n\tfont-family:\"Times New Roman\";\n\tmso-ansi-language:#0400;\n\tmso-fareast-language:#0400;\n\tmso-bidi-language:#0400;}\n<\/style>\n\n\n\n<![endif]-->\n<div style=\"mso-element: para-border-div; border: none; border-bottom: double windowtext 1.5pt; padding: 0cm 0cm 5.0pt 0cm;\">\n<p class=\"MsoTitle\"><b style=\"mso-bidi-font-weight: normal;\"><span lang=\"FR\">septembre 2013, critiqu\u00e9 par Xavier Saint-Martin<\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Disons-le d\u2019embl\u00e9e\u00a0: l\u2019ouvrage d\u2019Ariane Bazan se situe \u00e0 l\u2019interface des neurosciences et de la psychanalyse. Il s\u2019inscrit dans un mouvement rendu n\u00e9cessaire par les avanc\u00e9es des neurosciences depuis quelques d\u00e9cennies, avanc\u00e9es qui autorisent une relecture des travaux de Freud. Dans ce domaine, de multiples publications ont vu et voient le jour, et il importe de pr\u00e9ciser que l\u2019ouvrage n\u2019a ni pour but, ni pour r\u00e9sultat, d\u2019\u00e9lire l\u2019un des domaines pour mieux rejeter l\u2019autre, f\u00fbt-ce avec courtoisie. En ce sens, il se distingue radicalement d\u2019une part importante de la litt\u00e9rature habituelle relevant de ce domaine interdisciplinaire.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">A cela s\u2019ajoute que l\u2019auteure s\u2019appuie sur les travaux de jacques Lacan. Elle nous offre donc l\u2019hypoth\u00e8se que la structure ambigu\u00eb du langage autorise la survivance transg\u00e9n\u00e9rationnelle de \u00ab\u00a0fant\u00f4mes phon\u00e9miques\u00a0\u00bb, dont l\u2019action d\u00e9borde l\u2019inconscient au point d\u2019\u00eatre visible dans les productions langagi\u00e8res de tout un chacun.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Ceci pos\u00e9, reste la m\u00e9thode. Elle est clinique et exp\u00e9rimentale \u2013 comme celle de Freud \u2013, mise ici au service d\u2019une reconsid\u00e9ration \u00e9ventuelle de la m\u00e9tapsychologie freudienne, sans pour autant porter atteinte \u00e0 la th\u00e8se selon laquelle le psychique n\u2019est pas r\u00e9ductible au neuronal. La question est d\u2019importance\u00a0: il ne s\u2019agit pas de chercher le substrat neurologique d\u2019une m\u00e9tapsychologie adopt\u00e9e d\u2019embl\u00e9e, il ne s\u2019agit pas non plus de vouloir justifier la m\u00e9tapsychologie par la neurobiologie.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Tel est le tour de force, qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre suivi pas \u00e0 pas. L\u2019auteure confronte de fa\u00e7on \u00e9clairante de nombreuses exp\u00e9rimentations neurolinguistiques r\u00e9centes \u00e0 quelques exemples cliniques du r\u00f4le phonologique de certains mots dans divers processus inconscients, tous charg\u00e9s d\u2019affect. De tels exemples cliniques ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s par Freud, et l\u2019auteure en a<span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>elle-m\u00eame constat\u00e9s dans sa pratique clinique.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Par exemple, il existerait deux voies neurologiques de traitement du stimulus langagier\u00a0: l\u2019une limbique, l\u2019autre corticale. Au cours du d\u00e9veloppement de l\u2019enfant, le traitement limbique pr\u00e9c\u00e8de le traitement cortical, alors que l\u2019enfant baigne dans les signifiants v\u00e9hicul\u00e9s par ses proches. C\u2019est ainsi que la phonologie, lexicalement ambigu\u00eb, de certains mots pourrait acqu\u00e9rir une charge \u00e9motionnelle qui \u00e9chappe au traitement cortical, lexicalement non ambigu, que l\u2019adulte fera du langage.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Autre exemple\u00a0: il est attest\u00e9, neurologiquement aussi bien que psychologiquement, que la compr\u00e9hension du langage fait appel au syst\u00e8me moteur\u00a0: on ne comprend que ce qu\u2019on saurait reproduire par la motricit\u00e9, f\u00fbt-elle seulement phonatoire. Sachant, apr\u00e8s Freud, que tout affect mobilise le corps (particuli\u00e8rement v\u00e9g\u00e9tatif), il est tentant de supposer un lien, <i style=\"mso-bidi-font-style: normal;\">via<\/i> le corps, entre l\u2019effet \u00e9motionnel du phon\u00e8me et son effet cognitif. Il y aura alors un \u00ab\u00a0faux nouage\u00a0\u00bb entre d\u2019une part l\u2019affect v\u00e9hicul\u00e9 par le phon\u00e8me, et d\u2019autre part le v\u00e9cu conscient d\u00fb \u00e0 la prise de sens du fragment linguistique qu\u2019offre le contexte.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Ariane Bazan est non seulement tr\u00e8s inform\u00e9e, tout autant dans les travaux r\u00e9cents de neurologie et de neurolinguistique que dans les travaux de Freud et de Lacan, mais elle m\u00e8ne elle-m\u00eame des exp\u00e9rimentations neurolinguistiques et des observations de psychopathologie clinique en rapport avec le double aspect du langage\u00a0: primaire ou secondaire. Ce double aspect est en effet \u00e9tay\u00e9 tout autant par la psychanalyse que par la neurologie, et il est d\u2019importance pour sa th\u00e8se\u00a0: son ouvrage couvre alors un spectre conceptuel fait de polarit\u00e9s, telles \u00ab\u00a0voie ventrale\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0voie dorsale\u00a0\u00bb (au sens neurologique), \u00ab\u00a0primaire\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0secondaire\u00a0\u00bb (au sens psychanalytique), \u00ab\u00a0reconnaissance d\u2019objet\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0spatialit\u00e9\u00a0\u00bb, le second terme de chacune de ces polarit\u00e9s ayant pour fonction d\u2019inhiber le premier.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Mais cela n\u2019emp\u00eache pas le premier de s\u2019exprimer, par des voies d\u00e9tourn\u00e9es, comme une pulsion non satisfaite. C\u2019est l\u00e0 que, apr\u00e8s transposition dans le domaine du langage, l\u2019auteure conclut sa th\u00e8se du r\u00f4le des fant\u00f4mes phon\u00e9miques sur la structure de l\u2019inconscient.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Une remarque, cependant. En quelques endroits, particuli\u00e8rement ceux illustrant une intimit\u00e9 de pens\u00e9e entre la psychodynamique freudienne et la neurologie, on trouve des hypoth\u00e8ses de type computationnel, aboutissant \u00e0 la construction de mod\u00e8les c\u00e9r\u00e9braux d\u2019objets ou de repr\u00e9sentations abstraites de l\u2019espace, qui permettraient la comparaison avec la situation v\u00e9cue. J\u2019avoue avoir \u00e9t\u00e9 un peu g\u00ean\u00e9 par une telle vision. Bien que ce qui est observable dans la motricit\u00e9 ou la perception humaine pourrait en effet \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par comparaison \u00e0 des mod\u00e8les int\u00e9rieurs d\u2019objets ou par des calculs de coordonn\u00e9es, je n\u2019ai pas vu d\u2019\u00e9l\u00e9ment exp\u00e9rimental ni clinique convaincant permettant d\u2019affirmer que tel est bien le cas. A invoquer de tels m\u00e9canismes, on prend peut-\u00eatre le risque de tomber dans la m\u00eame impasse que l\u2019approche cognitivo-symbolique, qui aboutissait fatalement \u00e0 des notions de \u00ab\u00a0cases m\u00e9moire\u00a0\u00bb, index\u00e9es et adress\u00e9es selon le besoin. Au contraire, on pourrait tenir que les propri\u00e9t\u00e9s et la structure de l\u2019espace sont bien disponibles \u00e0 la cognition, mais qu\u2019elles sont incarn\u00e9es de mani\u00e8re strictement fonctionnelle. En somme, on retrouverait \u00e0 chaque action et \u00e0 chaque perception ce qu\u2019on peut en faire par son corps, et cela n\u2019impliquerait ni comparaison, ni calcul de coordonn\u00e9es. Il pourrait s\u2019agir seulement de r\u00e9investissement pertinent de frayages cr\u00e9\u00e9s par strict apprentissage.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Autrement dit, l\u2019auteure semble implicitement privil\u00e9gier l\u2019approche topique \u00e0 l\u2019approche fonctionnelle. Cette question pourrait m\u00e9riter un compl\u00e9ment argumentaire, \u00e9ventuellement bas\u00e9 sur des exp\u00e9rimentations neurocognitives, ou, \u00e0 d\u00e9faut, susciter quelques exp\u00e9rimentations permettant de la trancher.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\"><span lang=\"FR\">Pour autant, il ne s\u2019agit l\u00e0 que de d\u00e9tails, qui ne peuvent pas faire injure au d\u00e9veloppement m\u00e9thodique, ordonn\u00e9 et argument\u00e9 du propos, d\u00e9veloppant avec pr\u00e9cision et rigueur la th\u00e8se que l\u2019auteure soutient \u00e0 travers tout l\u2019ouvrage, th\u00e8se qui ne fait aucunement outrage \u00e0 la pens\u00e9e psychanalytique. Au passage, de nombreux lecteurs tireront grand profit des clarifications offertes aux concepts freudiens (tels que la distinction des processus primaire et secondaire) et lacaniens (tels que le statut du concept de signifiant).<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 6.0pt;\">\n<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DES FANT\u00d4MES DANS LA VOIX 11.06.2024, cit\u00e9e par Philippe Cattiez, neuropsychiatre dans La Libre Belgique : \u201eL\u2019IA se situe aux antipodes de l\u2019analyse de l\u2019esprit \u00bb. &#8220;Le mat\u00e9riel linguistique n\u2019est pas trait\u00e9 de mani\u00e8re s\u00e9mantique, mais trait\u00e9 comme un objet, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.arianebazan.be\/?page_id=688\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1126,"parent":36,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":{"spay_email":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/688"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=688"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/688\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3636,"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/688\/revisions\/3636"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/36"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1126"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.arianebazan.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=688"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}