{"id":958,"date":"2014-02-22T17:21:50","date_gmt":"2014-02-22T17:21:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.arianebazan.be\/?p=958"},"modified":"2014-02-28T23:38:17","modified_gmt":"2014-02-28T23:38:17","slug":"modernite-scientificite-et-liens-transferentiels-des-oxymores-a-propos-dune-physiologie-du-transfert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.arianebazan.be\/?p=958","title":{"rendered":"Modernit\u00e9, scientificit\u00e9 et liens transf\u00e9rentiels: des oxymores ?  A propos d\u2019une physiologie du transfert"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: large;\"><strong>A propos d\u2019une physiologie du transfert<\/strong><\/span><br \/>\n<a title=\"La Ram\u00e9e Physiologie du transfert Bazan\" href=\"http:\/\/www.laramee.be\/conferences-et-colloques\" target=\"_blank\">Argument du Colloque \u00e0 la Ram\u00e9e le 18 mars 2013<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Jamais de l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, le d\u00e9voilement de l\u2019humain par la biologie n\u2019a \u00e9t\u00e9 aussi pouss\u00e9 qu\u2019en ce XXI\u00e8 si\u00e8cle naissant. L\u2019illusion biologique qui s\u2019est saisie de nous les 20 derni\u00e8res ann\u00e9es a dissip\u00e9 les restes psychanalytiques pour penser l\u2019humain. Qui, de nos jours oserait se r\u00e9clamer de Sophocle, par exemple, pour comprendre la condition humaine?<br \/>\nCette modernit\u00e9, qui \u00e9crase le psychique tel une fine pellicule entre le corps et la soci\u00e9t\u00e9, a un effet massif d\u2019objectivation et de victimisation. Il est aujourd\u2019hui impossible de penser le sujet autrement qu\u2019en termes de param\u00e8tres biologiques ou sociologiques: si ce n\u2019est le corps, alors \u00e7a doit \u00eatre l\u2019\u00e9ducation, la famille, le contexte, la soci\u00e9t\u00e9 etc. Tant les discours de la m\u00e9decine que les discours de contestation sociale se retrouvent en ceci \u00eatre d\u2019improbables complices d\u2019un m\u00eame m\u00e9canisme enjoignant \u00e0 la victimisation. S\u2019en suit que ces \u00ab victimes \u00bb r\u00e9clament des compensations, des droits et guettent les accusations ou les coupables possibles et qu\u2019elles ne peuvent se penser coupables, sans que cette culpabilit\u00e9 soit v\u00e9cue comme une revictimisation. Je propose que ceci soit aussi d\u00fb \u00e0 une v\u00e9ritable impossibilit\u00e9 de penser, notamment l\u2019impossible conceptualisation du psychique.<br \/>\nOr, nous avons des raisons de nous r\u00e9jouir: les avanc\u00e9es neurobiologiques \u2013 en particulier les images du cerveau au travail \u2013 sont en train de pr\u00e9cipiter, ce que j\u2019oserai appeler \u00ab un troisi\u00e8me temps pour la psychologie \u00bb. Le premier temps, nous l\u2019avons v\u00e9cu au XVI\u00e8 si\u00e8cle quand une r\u00e9volution d\u2019une ampleur \u00e9galement fracassante a r\u00e9volutionn\u00e9 l\u2019id\u00e9e de l\u2019humain: les dessins anatomiques montrent pour la premi\u00e8re fois le corps ouvert et son incroyable r\u00e9v\u00e9lation. En effet, son mouvement pourrait bien se laisser expliquer m\u00e9caniquement par la beaut\u00e9 des embo\u00eetements logiques des muscles et des nerfs qui les contr\u00f4lent. Si ce n\u2019est plus l\u2019\u00e2me \u2013 l\u2019anima d\u2019Aristote \u2013 qui agite le corps, une anthropologie nouvelle, qui red\u00e9finit cette \u00e2me s\u2019impose. Et ce sont quelques r\u00e9formateurs qui fondent cette nouvelle anthropologia au XVIe en la d\u00e9coupant en science du corps, anatomia, et pour la premi\u00e8re fois sous ce signifiant, en science de l\u2019\u00e2me, psychologia. Le nom de \u2018psychologie\u2019 \u00e9merge donc de la n\u00e9cessit\u00e9 de penser l\u2019\u00e2me en r\u00e9ponse au mena\u00e7ant d\u00e9voilement de l\u2019humain par la biologie.<br \/>\nJe propose donc que la neuro-imagerie actuelle, du fait m\u00eame de son extr\u00eame d\u00e9voilement, va structurellement acculer la psychologie \u00e0 son heure de v\u00e9rit\u00e9. En poussant \u00e0 bout ce que la biologie peut contribuer au saisissement de l\u2019humain, va, cependant, \u00e9galement \u00e9clater au grand jour l\u2019\u00e9tendue de son impuissance. En effet, nous voyons d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 comment les sciences neurophysiologiques en viennent progressivement \u00e0 d\u00e9clarer forfait en mati\u00e8re de sant\u00e9 mentale: malgr\u00e9 les sommes et les moyens mentaux colossaux investis dans la recherche depuis 60 ans \u2013 depuis l\u2019av\u00e8nement de psychotropes \u2013 nous allons probablement devoir renoncer au vieux r\u00eave de Charcot ou de Bayle: il n\u2019y a finalement pas de r\u00e9els marqueurs biologiques pour les maladies mentales \u2013 ni l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale, ni g\u00e8ne \u2013 et il n\u2019y a pas non plus de r\u00e9els m\u00e9dicaments pour la plupart d\u2019entre elles qui ont un effet au-del\u00e0 d\u2019un effet palliatif.<br \/>\nCe qui est en marche est de l\u2019ordre du fondement par l\u2019absurde d\u2019un n\u00e9cessaire concept du psychique \u00e0 part enti\u00e8re. La (neuro-)physiologie n\u2019aide pas \u00e0 penser le transfert, mais elle \u00e9taye, par son insuffisance, la n\u00e9cessit\u00e9 de penser le transfert en termes psychiques. Et c\u2019est l\u00e0 que le propos se renverse: c\u2019est en effet ce qui du transfert (ou du psychique, ou de la maladie mentale) pourra aider \u00e0 penser la physiologie qui pourra donner consistance \u00e0 un v\u00e9ritable appareil psychique avec une architecture propre. Ce renversement est porteur d\u2019un grand espoir \u00e9thique: que le sujet puisse y trouver un fondement pour se penser auteur de ce qui lui arrive et qu\u2019il puisse s\u2019inviter \u00e0 r\u00e9pondre m\u00eame de ce qu\u2019il ne contr\u00f4le pas. Il s\u2019agit d\u2019une possibilit\u00e9 de se penser coupable et de penser cet aveu de culpabilit\u00e9 comme salutaire, c&#8217;est-\u00e0-dire, comme ce qui peut le sauver de la trame mortif\u00e8re de la r\u00e9p\u00e9tition, au lieu de l\u2019y pr\u00e9cipiter.<br \/>\nQue faut-il donc retenir du transfert dont le corps doit rendre compte? Dans la pr\u00e9sentation deux dimensions cliniques de toute relation transf\u00e9rentielle sont retenues: l\u2019irrationnel et le transgressif. Nous nous attarderons en particulier sur le transgressif qui est compris comme le prix \u00e0 payer d\u2019une dynamique n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019ajustement du corps ext\u00e9rieur au corps int\u00e9rieur. C\u2019est alors l\u2019acte ad\u00e9quat \u2013 qui s\u2019inscrit comme l\u2019acte jouissif \u2013 qui permet de relier les deux corps, au prix d\u2019une insistance constitutionnelle (et transgressive) \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Bazan, A. &amp; Detandt, S. (2013). On the physiology of jouissance: interpreting the mesolimbic dopaminergic reward functions from a psychoanalytic perspective. Frontiers in Human Neuroscience doi: 10.3389\/fnhum.2013.00709<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><img loading=\"lazy\" class=\"attachment-post-thumbnail aligncenter\" alt=\"La Ram\u00e9e Fond'Roy 18032013\" src=\"http:\/\/www.arianebazan.be\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/La-Ram%C3%A9e-FondRoy-18032013.jpg\" width=\"266\" height=\"383\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A propos d\u2019une physiologie du transfert Argument du Colloque \u00e0 la Ram\u00e9e le 18 mars 2013 Jamais de l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, le d\u00e9voilement de l\u2019humain par la biologie n\u2019a \u00e9t\u00e9 aussi pouss\u00e9 qu\u2019en ce XXI\u00e8 si\u00e8cle naissant. 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