Epistemology

 

SCIENCE

Catherine Morin, dans son nouveau livre “L’ Homme et son cerveau: Neurosciences et psychanalyse” (2017) commente mes idées dans un paragraphe de son livre.

Je me permets de répondre sur quelques points, principalement pour faire avancer le dialogue et le débat:

1) la raison pour laquelle je parle de réalité mentale plutôt que psychique est exclusivement due au fait qu’en Anglais, ‘psychic’ a d’autres connotations, et que pour éviter ces connotations parapsychologiques, je préfère, en Anglais, le mot ‘mental’.

2) Je suis plutôt d’accord avec Catherine Morin que ce n’est pas l’existence d’un mode de pensée primaire qui est l’objet de la psychanalyse, et certainement pas les processus neuronaux qui sous-tendent un tel mode. C’est d’ailleurs ce que Gertrudis Van de Vijver et moi avons défendu au dernier congrès international de Neuropsychanalyse à Londres ce mois-ci (juillet 2017), dans un débat ‘Oxford Style’ très serré contre Mark Solms et Yoram Yovell.

…et donc pour être tout à fait claire: ‘psychanalyse et neurosciences: un même objet?’: non! Ce n’est pas la position que je défends, ce n’est pas celle que nous défendons. Voir plus précisément ici, d’ailleurs:

http://journal.frontiersin.org/…/fpsyg.2017.01259/full

En très bref: je pense que le physiologique impose des contraintes, des conditions au mental, mais ne le détermine pas. Le mental est organisé, mais il n’est pas organisé de n’importe quelle façon et le biologique impose des limites, des conditions, des contraintes à cette organisation. J’ai appelé ça dans d’autres contextes des ‘talons d’Achilles’: le mental est accroché au biologique et aux points d’accroc, le mental fait montre de particularités qui imposent des limites, des impossibilités, des vulnérabilités (p ex la matérialisation physiologiques des représentations – des signifiants – du fait qu’elle ne peut se faire que de par son côté moteur, implique nécessairement une ambiguïté phonémique). Or, je défends partout (enfin c’est ce que je pensais) que ces limites, ces conditions ne déterminent pas le mental, qu’il y a une différence entre imposer des contraintes et déterminer.

Par ailleurs, même s’il est intéressant de saisir cet accroc du mental au physiologique, y compris pour l’éclairage sur le mental (pas tout est possible, jamais tout ne sera possible), la vie mentale s’organise de l’autre côté du point de bascule – j’ai parlé dans le congrès de neuropsychanalyse de la vie représentationnelle, et des lois (ou principes, ou régularités) qui organisent cette vie représentationnelle (en particulier celles qui sont constituées par l’ordre temporelle réciproque entre ces représentations, càd, par l’histoire du sujet) – les représentations étant des intentions d’agir non complètement déchargées, que je vois comme des signifiants.

 

 

VERITE

« Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie la vérité, puisque c’est la folie qui détient la vérité de la psychologie. »,  Michel Foucault,  extrait de « Maladie mentale et psychologie »

“I say, we good Presbyterian Christians should be charitable in these things, and not fancy ourselves so vastly superior to other mortals, pagans and what not, because of their half-crazy conceits on these subjects.  There was Queequeg, now, certainly, entertaining the most absurd notions about Yojo and his Ramadan; – but what of that? Queequeg thought he knew what he was about, I suppose; he seemed to be content; and there let him rest. All our arguing with him would not avail; let him be, I say; and Heaven have mercy on us all – Presbyterians and Pagans alike – for we are all somehow dreadfully cracked about the head, and sadly need mending.” Moby Dick, Herman Melville, p. 98.

 

 

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